théâtre

Samedi 28 octobre 2006

Nouvel Olympia – Tours

 

texte de Catherine Benhamou

mise en scène de Gilles Bouillon

 

J’aurais aimé vous parler de ce spectacle mais je ne l’ai pas vu !

Et non, plus de places !

Certes,  j’ai téléphoné tard pour réserver.

Mais, la jauge pour ce spectacle est de 40 places.

Dix représentations sont programmées.

Le calcul est vite fait : 400 personnes pourront voir Hors Jeu à Tours.

 

Donc je m’interroge :

Le Centre Dramatique de Tours – Nouvel Olympia compte plusieurs milliers d’abonnés. Est-ce que ce Hors Jeu est réservé aux abonnés de la première heure ?

Est-ce qu’une telle jauge n’oblige pas à multiplier au maximum les représentations ?

Comment s’inscrit ce type de dispositif au sein d’une agglomération comme Tours ?

 

Plus généralement, cela fait plusieurs années que je me demande pourquoi les structures théâtrales institutionnelles cherchent toujours à atteindre les 100% de remplissage de leur salle. Il semble qu’elles estiment exactement le nombre de représentations correspondant au public escompté. Donc, les séances sont très souvent complètes.

Comment, dans ces conditions, le public non-abonné qui aurait envie de goûter au théâtre peut-il se frotter à cet art si le jour de la représentation, toutes les places sont déjà prises ? Les petits malins habitués des salles - mais non-abonnés pour autant - savent qu’il y  a toujours des spectateurs qui ont un billet et qui ne viennent pas (oreillons de la petite, grosse fatigue, oubli, …). Ceux-là viennent tout de même et trouvent une place. Mais qu’en est-il du béotien ? On lui dit « c’est complet ». Pensez-vous qu’il va alors téléphoner à sa baby-sitter pour faire garder la petite, prendre sa petite voiture dans la froidure pour risquer de se retrouver esseulé sur le parvis du théâtre ?

 

Est-ce que, à ce jeu-là, les salles ne sont pas tout bonnement en train de se mettre Hors Jeu ?

Par margoton despres
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Jeudi 16 novembre 2006

de Woody Allen

jeudi 9 novembre 2006

Carré Davidson

17 rue des Cerisiers – Tours

Par la Compagnie des Nuits Blanches

 

Ils étaient neuf sur scène. Neuf à tenter de nous dire comment la création – artistique et humaine – nécessite « un début, un milieu et une fin ». De ces personnages, l'un est l'auteur d'une pièce et cherche à terminer son histoire qu'il va présenter au Grand Concours de Dramaturgie qui se propose à Athènes ce même jour. Désespéré de ficeler son drame à temps il s'entretient avec son acteur principal. Ce dernier n'y voit pas tant d'inquiétudes et propose le débat à l'une de ses connaissances : une femme dite mandatée en philosophie, apparaissant comme une érotomane vide d'esprit. L'anachronisme débute ainsi. Les spectateurs se retrouvent pris à parti(e) dans cette histoire à continuer. Des personnages viennent du Sanitas. Un nouveau personnage, le metteur en scène, a pour rôle de nous convaincre de notre irréalité : nous ne sommes que des marionnettes que lui même a créées. Déboulent alors deux hommes de notre siècle acheminant La solution pour l'intensité manquante à la pièce : Dieu surgissant d'une machine qui n'est autre qu'une poubelle.

 

Woody Allen plane sur cette mise en abîme de l'artiste se prenant pour Dieu. Ses obsessions et son humour se profilent dans les scènes et les dialogues. Mais... ce n'est pas lui, et là est toute la différence. La frénésie de Woody Allen n'est ici qu'hystérie; les névroses amoureuses, des étreintes triviales; et l'obsession des cent pas, une course bruyante.

 

Malgré tout, il faut applaudir la sincère énergie et la passion théâtrale de ces comédiens amateurs. Les remercier de nous proposer Woody Allen sur une autre scène qui lui est chère : les planches théâtrales. Illusion de la rencontre renforcée par ce minuscule et chaleureux lieu, à l'image des salles de fortune dans la bohême new-yorkaise. Un lieu à connaître, à suivre et une troupe engagée; que cela continue de vivre.

 

Et Dieu n'aura toujours pas le mot de la FIN.

 

A retenir : cette pièce sera rejouée au même endroit durant... l'Assomption en 2007. De notre côté de l'Atlantique aussi, on sait avoir de l'humour...

Par ella ethé
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Dimanche 19 novembre 2006

mardi 14 novembre 2006

Nouvel Olympia – Centre Dramatique Régional de Tours

 

Texte de Noëlle Renaude

Conception et mise en scène de Frédéric Maragnani

avec Christophe Brault et Jean-Paul Dias

Dramaturgie : Julie Sermon

Scénographie : Frédéric Maragnani, Eric Blosse

Lumières : Eric Blosse

Régie Lumières et régie générale : Vanessa Lechat

 

Deux sièges rouges, un écran de projection. Voilà pour le décor.

Deux comédiens, une bande-son. Voilà ce que l’on entendra.

Un texte dont je ne percevrai pas la chair.

 

La présentation du spectacle parle de road-movie mais je vois bien que rien ne bouge, malgré les artifices « vidéatoires ».

Point commun des deux personnages : ils ont perdu leur mère, on suppose assez récemment. Ils sont alors en voiture, sillonnant la France et ses clichés routiers. Chaque rencontre avec un personnage de la route évoque la perte d’une mère.

On ne sait pas bien si c’est grave – non ça n’a pas l’air de l’être -, si c’est douloureux – non plus. On ne tombe certes pas dans le pathos mais on ne tombe nulle part non plus.

A force de ne rien dire, le texte n’est plus entendu. A force de ne rien montrer, la mise en scène tourne en rond.

 

Et pourtant, c’est parfois drôle, parfois amer sans être bien sûr que les spectateurs et les créateurs de ce spectacle sont sur la même route.

 

 

Infos complémentaires :

Production : Compagnie Travaux Publics, Théâtre Ouvert

 

Par les routes est édité aux Editions Théâtre Ouvert, collection Enjeux, décembre 2005. 

Par margoton despres
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Dimanche 19 novembre 2006

mercredi 15 novembre 2006

Plessis Théâtres (La Riche, 37)

 

Textes de Philippe Minyana

Mise en scène de José Manuel Cano Lopez

Avec Françoise Cano Lopez, Alain Papillon, Jacques Vezin

Dramaturgie : Jean-Louis Maître

Costumes : Marylène Richard

Lumières : Alberto Cano

Son : Clément Cano Lopez

 

Un parcours à travers l’écriture de Philippe Minyana.

Seconde (deuxième ?) mise en scène.

 

Entrée dans la salle Gabily par la tour,

Arrivée dans un espace peu conventionnel : spectateurs de part et d’autre d’une aire de jeu toute en longueur ; l’Avventura de Stone et Charden en musique d’ambiance ; les trois comédiens jouant avec désinvolture tantôt au chanteur de bal populaire, tantôt au comédien redécouvrant le texte.

 

Soudain rupture : une première pièce radiophonique, dans la pénombre. Pièce enregistrée, comédiens-ombres en attente de chair.

 

Première pièce proprement dite : Portrait.

Texte morcelé, éparpillé. Sourires forcés. Pourquoi entends-je les indications du metteur en scène à ses comédiens ? J’entends les « tops ». A tel mot, la tête ; à celui-là, le pied ; à cet autre, la main. Parfois, ces « tops » crient à mes oreilles et je n’entends plus le texte. Je n’arrive pas à suivre, les morceaux s’entrechoquent et ne trouvent aucune cohésion en moi. Je finis comme le texte, toute morcelée, toute éparpillée.

 

Seconde pièce radiophonique. Je me recentre. Même bande enregistrée. Les comédiens jouent à ne pas jouer le texte… tout en le jouant. Ils s’incarnent peu à peu.

 

Dernière pièce : Retour.

La chair est là mais rêvée, fantasmée. Retourner voir la parentèle, ces gens que l’on connaît depuis toujours mais à qui on n’a rien à dire. Mais rassurants ils sont comme des pierres immuables au bord du chemin. Savoir d’avance – forcément d’avance, on sait qu’on retrouve les pierres à leur place et dans leur fonction – les mots des retrouvailles avec la parentèle. Savoir d’avance la chaleur rassurante des foyers qui ne réchaufferont jamais les vieilles gerçures…

Et finir par retourner à ses moutons (comprenne qui pourra !)

 

Je me dis en sortant que Retour m’aurait suffi, je me dis aussi que ce qui l’a précédé m’a débarrassée de mes scories. Je me dis qu’avec des « si », j’aurais vu un autre spectacle. J’accepte ce que l’on m’a proposé, sans amputer mon plaisir.

 

Infos complémentaires :

Production : Compagnie José Manuel Cano Lopez avec l’aide du Théâtre de Thouars, Scène conventionnée

Par margoton despres
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Vendredi 24 novembre 2006

vendredi 17 et samedi 18 novembre 2006

Espace 44 - Lyon

 

Texte de Jeanne Benameur (édité chez Denoël)

Mise en scène de Claude Défard

Avec Raymonde Palcy

Lumières : Jord Le Dortz

Costume : Marylène Richard

 

« Algérie janvier 1958, France décembre 1958 », tel est le sous-titre de la pièce.

On imagine alors que le centre du spectacle sera politique, dans le contexte des « événements »…Non, de la Guerre d’Algérie.

Mais ce n’est pas le cas, au centre cette petite fille, cette femme qui regarde la petite fille qu’elle a été.

Au centre, un énorme besoin d’amour, une envie d’unicité.

 

Pour résumer, le petite née d’un père arabe et d’une mère française d’origine italienne. La famille – une sœur aînée, un frère et les deux petites et les parents bien sûr – vit en Algérie. Mais bientôt ils seront rejetés des deux communautés arabe et française et devront partir en France. Mais l’intérêt du texte réside dans le regard que porte cette fillette sur le monde qui l’entoure : un regard lucide, acide d’une petite qui voudrait être une – unique dans son intégrité. Je n’en dirai pas plus sur ce texte : je vous encourage seulement à le lire…

 

J’ai vu le spectacle deux soirs de suite et j’ai bien fait ! Si le spectacle est dit « vivant » c’est bien qu’il s’agit de formes qui ne sont pas immuables, et c’est bien que le spectateur a sa part de responsabilité dans le spectacle qu’il reçoit. Tout ça pour expliquer que le première représentation ne m’avait pas convaincue : tout me semblait parcellisé, pour ne pas dire pixélisé, tant l’espace scénique que les déplacements de la comédienne que son jeu. Je réalisai que j’était assise au premier rang d’une salle offrant peu de recul (grosse litote) et décidai de revenir le lendemain et de m’asseoir au fond (je reculai donc de deux rangs). Et tout changea : j’ai vu un spectacle sensible, drôle et intelligent ; une comédienne généreuse offrant perspective et vie au texte.

 

La petite fille se cherchait une.

Moi, j’avais trouvé « l’unité » d’un beau spectacle.

Par margoton despres
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Jeudi 7 décembre 2006

mercredi 6 décembre 2006

 

Nouvel Olympia - Tours

 

 

Texte de Peter Weiss

Traduction de Jean Baudrillard

Mise en scène et adaptaion : Jean-Michel Rivinoff

Avec Sophie Daull, Sylvie Jobert, Guillaume Allardi, Michel Baudinat, Hugues Dangreaux, Philippe Fauconnier, Eric Feldman, Frédéric Hulne, Jean-Jacques Simonian et Aurélie Saraf (harpiste)

 

C’est du bon travail d’artisan. Les écueils sont évités.

C’est vrai que traiter de la Shoah est toujours un exercice périlleux : il faut éviter le pathos pleurnichard tout en rendant intellectuellement compréhensible une telle horreur systématisée.

Et le texte nous parvient, sans parasites, faisant son œuvre de rappel des réalités absurdes et cruelles des camps d’extermination.

 

Mais pourquoi les comédiens n’ont-ils pas de corps ? Comme si la crainte de tomber dans la sensiblerie avait empêcher le travail du corps ? Pourtant je les vois, les corps des personnages, ils sont même mis en scène puisqu’en costumes. Mais pourquoi ne pas les utiliser ? Autrement qu’a minima, dans des calculs de metteur en scène ?

 

Et c’est ainsi que la distance nécessaire à un tel sujet a été allongée jusqu’à ce que le spectateur finisse par regarder sa montre toutes les dix minutes (il faut dire que le spectacle dure 2h40).

 

Au bout du compte, où est l’engagement ?

 

Informations complémentaires :

Assistante à la mise en scène : Nathalie Kiniecik - Régie générale : Franck Tortay - Régie son : Fabien Oliviero - Régie lumière : Luis Ferreira - Costumes : Aline Froux - Musique : Aurélie Saraf - Administration : Stéphanie Lemieux.

 

Production : Centre Dramatique National Orléans – Loiret – Centre ; La Halle aux Grains, Scène Nationale de Blois ; Centre Dramatique Régional de Tours ; Compagnie la Lune Blanche. Avec l’aide de la DRAC Centre.

 

Par margoton despres
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Samedi 16 décembre 2006

vendredi 15 décembre 2006

Le Plessis, théâtres – La Riche (37)

 

 

Je suis allée voir hier deux parcours de création.

D’abord, la lecture du texte écrit pendant sa résidence au Plessis de l’Italien Alessandro Nico Savino. Texte lu par des acteurs « locaux ».

Ensuite la maquette du spectacle Les Déplacés par la compagnie Pih-Poh.

 

J’ai décidé que je ne critiquerai pas ces formes en cours. Parce que les processus de création mettent en jeu trop de fragilité, de questions, de travail à venir. Et même si les spectacles finis ne le sont jamais vraiment, ils s’exposent différemment à l’œil du spectateur et acceptent la glose des gens extérieurs au spectacle.

 

Bonne route à ces deux projets !

Par margoton despres
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Infos

Restez vigilants: les intermittents du spectacle sont encore sur la sellette... Affaire à suivre de près!

 

Stages artistiques dans le Château de Saint Lactencin dans l'Indre au mois d'août: peinture, théâtre, danse, écriture, masque corporel, costumes, fabrication d'instruments de musique.

Pour plus de renseignements, vous pouvez regarder dans la rubrique "stages" de ce blog et aller sur le site http://perso.orange.fr/monumenta

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