Vendredi 24 novembre 2006

vendredi 17 et samedi 18 novembre 2006

Espace 44 - Lyon

 

Texte de Jeanne Benameur (édité chez Denoël)

Mise en scène de Claude Défard

Avec Raymonde Palcy

Lumières : Jord Le Dortz

Costume : Marylène Richard

 

« Algérie janvier 1958, France décembre 1958 », tel est le sous-titre de la pièce.

On imagine alors que le centre du spectacle sera politique, dans le contexte des « événements »…Non, de la Guerre d’Algérie.

Mais ce n’est pas le cas, au centre cette petite fille, cette femme qui regarde la petite fille qu’elle a été.

Au centre, un énorme besoin d’amour, une envie d’unicité.

 

Pour résumer, le petite née d’un père arabe et d’une mère française d’origine italienne. La famille – une sœur aînée, un frère et les deux petites et les parents bien sûr – vit en Algérie. Mais bientôt ils seront rejetés des deux communautés arabe et française et devront partir en France. Mais l’intérêt du texte réside dans le regard que porte cette fillette sur le monde qui l’entoure : un regard lucide, acide d’une petite qui voudrait être une – unique dans son intégrité. Je n’en dirai pas plus sur ce texte : je vous encourage seulement à le lire…

 

J’ai vu le spectacle deux soirs de suite et j’ai bien fait ! Si le spectacle est dit « vivant » c’est bien qu’il s’agit de formes qui ne sont pas immuables, et c’est bien que le spectateur a sa part de responsabilité dans le spectacle qu’il reçoit. Tout ça pour expliquer que le première représentation ne m’avait pas convaincue : tout me semblait parcellisé, pour ne pas dire pixélisé, tant l’espace scénique que les déplacements de la comédienne que son jeu. Je réalisai que j’était assise au premier rang d’une salle offrant peu de recul (grosse litote) et décidai de revenir le lendemain et de m’asseoir au fond (je reculai donc de deux rangs). Et tout changea : j’ai vu un spectacle sensible, drôle et intelligent ; une comédienne généreuse offrant perspective et vie au texte.

 

La petite fille se cherchait une.

Moi, j’avais trouvé « l’unité » d’un beau spectacle.

Par margoton despres - Publié dans : théâtre
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Mardi 21 novembre 2006

par l'extrême exercice de la beauté

samedi 18 novembre 2006

Centre Pompidou - Paris (dans le cadre du Festival d'Automne)

Vera Mantero : direction artistique
Antonija Livingstone, Brynjar Bandlien, Loup Abramovici, Marcela Levi, Pascal Quéneau, Vera Mantero : interprétation et co-création
Nadia Lauro : conception de l'espace et des costumes
Boris Hauf : musique live
Jean-Michel Le Lez : lumière
Bojana Bauer : collaboration dramaturgique

Il y a plein de monde !!!!!!!!!!!!! Voilà ce que je me disais en attendant l’ouverture des portes… Mais il y a plein de monde qui s’en va… voilà ce que je me disais pendant la pièce.

Cinq personnes peut-être des danseurs, peut- être des comédiens sont sur scène assis sur cinq chaises et nous parlent… Changent la disposition des chaises dans l’énorme scène et nous parlent…

Ils attendent aussi nos réponses, mais à part le départ massif, le public ne s’exprime pas.

Il y une grande (énorme) espèce de météorite sur scène, terriblement statique. C’est un peu comme nous, le public, une énorme masse homogène qui ne bouge pas.

Il y a un malaise…

Les paroles sont dites en anglais et je ne parle pas l’anglais alors je lis des paroles écrites en français au dessus de leurs têtes… je regarde les projos… combien, espace, possibilités, belle salle, mmm

Je ne lis plus.

Quelle horreur il ne se passera plus rien d’autre… ils bougent leurs chaises et parlent, parfois aussi chantent mais ce qui est sûr ILS NE DANSERONT PAS ! Et s’ils avaient été des peintres ils n’auraient pas peint non plus ! Et non ! nous sommes dans le temps de ne pas faire ! c’est le temps de ne pas vivre ! c’est le temps de réfléchir à comment faire différemment de l’art et quoi de plus différent pour un danseur que de ne pas danser !

Il y a un questionnement c’est sûr ! mais est- ce que je voulais faire partie de l’expérience ? C’est la fin. Le public qui reste est mitigé. Deux jeunes assisses à côté de moi applaudissent ravies BRAVO ! BRAVO ! spectacle radical il me semble avoir entendu ! Je m’énerve !

On échange des mots durs. Je suis prêt à me battre pour la révolution culturelle ! (Peut être c’était bien là le but de la pièce…)

Je sors, je parle. Je revendique la notion d’élévation intrinsèque à l’art.

Je croise des regards, il pleut à Paris. La nuit finira tard.

 

Par boris - Publié dans : danse
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Dimanche 19 novembre 2006

mercredi 15 novembre 2006

Plessis Théâtres (La Riche, 37)

 

Textes de Philippe Minyana

Mise en scène de José Manuel Cano Lopez

Avec Françoise Cano Lopez, Alain Papillon, Jacques Vezin

Dramaturgie : Jean-Louis Maître

Costumes : Marylène Richard

Lumières : Alberto Cano

Son : Clément Cano Lopez

 

Un parcours à travers l’écriture de Philippe Minyana.

Seconde (deuxième ?) mise en scène.

 

Entrée dans la salle Gabily par la tour,

Arrivée dans un espace peu conventionnel : spectateurs de part et d’autre d’une aire de jeu toute en longueur ; l’Avventura de Stone et Charden en musique d’ambiance ; les trois comédiens jouant avec désinvolture tantôt au chanteur de bal populaire, tantôt au comédien redécouvrant le texte.

 

Soudain rupture : une première pièce radiophonique, dans la pénombre. Pièce enregistrée, comédiens-ombres en attente de chair.

 

Première pièce proprement dite : Portrait.

Texte morcelé, éparpillé. Sourires forcés. Pourquoi entends-je les indications du metteur en scène à ses comédiens ? J’entends les « tops ». A tel mot, la tête ; à celui-là, le pied ; à cet autre, la main. Parfois, ces « tops » crient à mes oreilles et je n’entends plus le texte. Je n’arrive pas à suivre, les morceaux s’entrechoquent et ne trouvent aucune cohésion en moi. Je finis comme le texte, toute morcelée, toute éparpillée.

 

Seconde pièce radiophonique. Je me recentre. Même bande enregistrée. Les comédiens jouent à ne pas jouer le texte… tout en le jouant. Ils s’incarnent peu à peu.

 

Dernière pièce : Retour.

La chair est là mais rêvée, fantasmée. Retourner voir la parentèle, ces gens que l’on connaît depuis toujours mais à qui on n’a rien à dire. Mais rassurants ils sont comme des pierres immuables au bord du chemin. Savoir d’avance – forcément d’avance, on sait qu’on retrouve les pierres à leur place et dans leur fonction – les mots des retrouvailles avec la parentèle. Savoir d’avance la chaleur rassurante des foyers qui ne réchaufferont jamais les vieilles gerçures…

Et finir par retourner à ses moutons (comprenne qui pourra !)

 

Je me dis en sortant que Retour m’aurait suffi, je me dis aussi que ce qui l’a précédé m’a débarrassée de mes scories. Je me dis qu’avec des « si », j’aurais vu un autre spectacle. J’accepte ce que l’on m’a proposé, sans amputer mon plaisir.

 

Infos complémentaires :

Production : Compagnie José Manuel Cano Lopez avec l’aide du Théâtre de Thouars, Scène conventionnée

Par margoton despres - Publié dans : théâtre
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Dimanche 19 novembre 2006

mardi 14 novembre 2006

Nouvel Olympia – Centre Dramatique Régional de Tours

 

Texte de Noëlle Renaude

Conception et mise en scène de Frédéric Maragnani

avec Christophe Brault et Jean-Paul Dias

Dramaturgie : Julie Sermon

Scénographie : Frédéric Maragnani, Eric Blosse

Lumières : Eric Blosse

Régie Lumières et régie générale : Vanessa Lechat

 

Deux sièges rouges, un écran de projection. Voilà pour le décor.

Deux comédiens, une bande-son. Voilà ce que l’on entendra.

Un texte dont je ne percevrai pas la chair.

 

La présentation du spectacle parle de road-movie mais je vois bien que rien ne bouge, malgré les artifices « vidéatoires ».

Point commun des deux personnages : ils ont perdu leur mère, on suppose assez récemment. Ils sont alors en voiture, sillonnant la France et ses clichés routiers. Chaque rencontre avec un personnage de la route évoque la perte d’une mère.

On ne sait pas bien si c’est grave – non ça n’a pas l’air de l’être -, si c’est douloureux – non plus. On ne tombe certes pas dans le pathos mais on ne tombe nulle part non plus.

A force de ne rien dire, le texte n’est plus entendu. A force de ne rien montrer, la mise en scène tourne en rond.

 

Et pourtant, c’est parfois drôle, parfois amer sans être bien sûr que les spectateurs et les créateurs de ce spectacle sont sur la même route.

 

 

Infos complémentaires :

Production : Compagnie Travaux Publics, Théâtre Ouvert

 

Par les routes est édité aux Editions Théâtre Ouvert, collection Enjeux, décembre 2005. 

Par margoton despres - Publié dans : théâtre
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Dimanche 19 novembre 2006

vendredi 10 novembre (répétition)

par la Compagnie du Trajet

 

Jeu : Abdel Bellahcene

Musique : Ali Bellahcene

Mise en scène : Carolina Fuentealba

 

Voilà un spectacle qui fait du bien.

Trois contes, trois provenances : le Mali, l'Espagne, la Touraine. Un point commun: des récits initiatiques traditionnels des contes du monde entier.

Mais l'intérêt n'est pas tant dans les textes que dans le jeu d'Abdel et Ali Bellahcene. Abdel fait vivre tour à tour chaque personnage dans une sorte de danse magique enivrante. Ali, quant à lui, apporte par touches successives de guitare et de batterie un rythme agréable au spectacle. Et bientôt, le spectateur, mis en confiance, se laisse tourner la tête par ces histoires. L'adulte ne sait parfois plus ce que veut raconter l'histoire, les yeux et le corps de l'enfant qui se réveille en nous ne sont jamais perdus.

Et l'on sort de la salle plus jeune qu'on est entré!

Par margoton despres - Publié dans : jeune public
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Dimanche 19 novembre 2006

dimanche 12 novembre 2006

Abbaye de Fontevrault

 

La salle est comble, le petit homme arrive, frêle, sans une note il s'installe à la table devant les micros.

Et commence une vraie expérience sensible. D'abord sa voix si particulière qui ne supporte pas le relâchement du spectateur. Ensuite cette assurance des rares personnes qui n'ont plus rien à prouver à quiconque.

Le thème de la conférence portait sur la foi, les sciences, la spiritualité. Mais Albert Jacquard n'est pas de ces hommes qui croient, il porte le regard du scientifique sur toutes les choses de ce monde. Et surtout sur les Hommes.

L'Homme pille les richesse de la Terre donc il scie la branche sur laquelle il est assis donc il est en train de se suicider. Il faut donc arrêter de surconsommer et entrer dans un processus de décroissance. Avec Albert Jacquard, tous les raisonnements semblent simples.

Le plus remarquable est comment il prouve que la rencontre avec autrui permet le stade supérieur de l'humanité. En effet, le cerveau humain est l'élément le plus complexe que nous connaissons: il comporte 100 milliards de cellules et 10 000 fois plus de connexions. Si nous construisons le maximum d'interconnexions avec le maximum de cerveaux, donc d'êtres humains, l'élément le plus complexe devient l'humanité. Le "surhomme" existe donc: si le maximum de rencontres existent.

Toujours dans cette démarche scientifique, Albert Jacquard se présente à nous comme un réel humaniste, un communiste au sens noble du terme, un homme à écouter mais pas seulement. Il provoque des sursauts chez les membres de l'assistance : à chacun de prendre ses responsabilités pour que l'humanité grandisse.

Par margoton despres - Publié dans : conférence
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Dimanche 19 novembre 2006

samedi 11 novembre

Parking de Auchan Petite Arche - Tours

Genèse d'un repas (1978) de Luc Moullet

Soirée proposée par Sans Canal Fixe

 

Vous arrivez avec votre voiture sur le parking d'Auchan (si possible prenez une voiture dans laquelle vous vous ferez remarquer, c'est plus rigolo, prenez par exemple, je ne sais pas, disons une R16, au hasard). Vous garez ladite voiture sur un emplacement face à un grand écran. Puis vous branchez votre radio sur le canal convenu... et vous n'avez plus qu'à regarder le film dans le confort plus ou moins incertain de votre véhicule.

Le dispositif du drive-in provoque la curiosité et vous venez pour une expérience singulière de cinéma. Mais vous avez oublié de demander quel était le film et vous pouviez tout supposer sauf ce qui vous attendez. Bien sûr, on a les images des drive-in américains où les amoureux profitent d'un film-prétexte pour découvrir le corps de l'autre  - toujours dans le confort plus ou moins incertain du véhicule.

Avec ce drive-in, on est ailleurs: sur le parking d'Auchan avec ses enseignes lumineuses tapageuses. Et le film, qu'est-ce qu'il dit le film? Et bien le film, il nous parle un peu d'Auchan aussi. Mais comment ça?

Luc Moullet retrace la genèse de son repas: d'où viennent les oeufs de son omelette, d'où vient le thon de sa boîte de conserve, d'où proviennent ses bananes? Est-ce qu'on apprend beaucoup de choses? Est décrit un système hyper-mondialisé où l'exploitation est monnaie courante et où la recherche du profit des sociétés occidentales est le principal objectif. Et bien sûr rien n'a changé depuis 1978, date de création du film. Luc Moullet était présent, venu partager cette soirée avec les spectateurs de son film.

Voilà donc une soirée pleine de décalages comme on les aime: venir voir un film dénonçant les rouages d'un monde hyper-capitalisé dans le temple de l'hyper-consommation qu'est Auchan. Une vraie expérience de cinéma!!

 

Par margoton despres - Publié dans : cinéma
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Infos

Restez vigilants: les intermittents du spectacle sont encore sur la sellette... Affaire à suivre de près!

 

Stages artistiques dans le Château de Saint Lactencin dans l'Indre au mois d'août: peinture, théâtre, danse, écriture, masque corporel, costumes, fabrication d'instruments de musique.

Pour plus de renseignements, vous pouvez regarder dans la rubrique "stages" de ce blog et aller sur le site http://perso.orange.fr/monumenta

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